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HISTOIRE DE LA RDP LAO
Voici un résumé de l'histoire du Laos comprenant tous les éléments clés pour vous faire découvrir son passé, pour vous aider à comprendre son présent et pour mieux imaginer son avenir.
Chronologie XI- XIIIe siècle : occupation khmère. XIIe siècle : implantation des Thaïs. 1340 : instauration de la royauté par le prince Fa Ngoum. XVIIIe siècle : protectorat siamois. 1893 : protectorat français sur le Laos reconnu par le Siam. 1945 : coup de force des Japonais. L’indépendance est proclamée. 1946 : après la capitulation japonaise, les Français chassent les nationalistes, rétablissent le roi et accordent l’autonomie. 1949 : le Laos devient indépendant au sein de l’union française. 1954 : indépendance complète. Les forces du prince S. Phouma s’opposent aux communistes du Pathet Lao. 1964-1973 : le pays subit les bombardements américains et les interventions des Vietnamiens du nord durant la guerre du Vietnam. 1975 : les communistes prennent le pouvoir. Le Pathet Lao abolit la monarchie et proclame la République démocratique populaire lao. Le prince Souphanouvong devient maître du pays. 1977 : traité d’amitié avec le Vietnam. 1989 : la libéralisation économique est engagée. 1993 : Nouhak Phoumsavanh est élu président de la République. 1998 : Khamlay Siphandone devient président de la République. 2001 : Boungnang est le Premier ministre et secrétaire du PRPL. 2007 : Actuel président : Choummaly Sayasone Actuel premier ministre : Bouasone Bouphavanh
En détails Pour une navigation plus rapide, cliquez sur le grand thème qui vous intéresse. Préhistoire et migration Lan Xang, le royaume du million d'éléphants Le morcellement du royaume et la guerre contre le Siam La période coloniale française La seconde guerre mondiale et l'indépendance La montée du Pathet Lao Les coups d'État La guerre de résistance La révolution et la réforme La République démocratique populaire lao Le Laos entre 1980 et 1980 Les perspectives d'avenir de la RDP Lao
Préhistoire et migration Les dernières recherches prouvent que des peuples habitent le Laos depuis plus de 10 000 ans. De plus, des ossements de dinosaures ont été trouvés dans la région de Savannakhet. Ces fossiles dateraient de presque 90 millions d'années.
Si l'on en croit la légende, l'ethnie thaïe-lao trouverait ses origines au nord-ouest du Vietnam. C'est là qu'un célèbre personnage de la mythologie laotienne, Khoun Boulom, aurait tranché une calebasse d'où seraient sortis sept hommes (ses fils), qui ensuite se seraient disséminés d'est en ouest à la conquête de ces vastes espaces inhabités. Cependant, on sait que les premiers habitants du Laos seraient de souches mélanésiennes austromélanésiennes, tandis qu'une autre partie viendrait du sud de la Chine, voire des confins de la Mongolie. De plus, le déplacement de plusieurs populations, principalement dû à des guerres, obligea d'autres peuples (du nord du Vietnam) à aller s'installer dans le nord du Laos. Le sud du Laos fut quant à lui dominé par plusieurs rois. Il atteignit son apogée entre le VIe siècle et le VIIIe siècle. De nombreux temples construits lors de cette période existent encore, dont le site préangkorien de Vat Phou. Cependant, l'histoire du Laos débuta réellement au XIVe siècle, à partir de l'avènement sur le trône du roi Fa Ngoum.
Lan Xang, le royaume du million d'éléphants
Au XIVe siècle, Chao Phi Fa dut quitter le royaume de Muong Soua (maintenant Luang Prabang) accompagné de son fils à cause d'une chicane avec son père. Plusieurs années plus tard, une troupe de 10 000 hommes avec à sa tête Fa Ngoum, le fils de Chao Phi Fa, prit d'assaut Vieng Chan (maintenant Vientiane). Chao Phi Fa mourut au cours de cette bataille. En 1393, Fa Ngoum se proclame roi du royaume de Lane Xang ou royaume du million d'éléphants en français. Fa Ngoum se maria et ne cessa d'agrandir son royaume jusqu'à ce que son armée l'exile à Nan, ville maintenant située sur le territoire thaï.
En 1373, le fils de Fa Ngoum change son nom pour Samsenthai, qui indique le nombre d'hommes vivant dans son royaume (300 000 Thaïs). Samsenthai a plutôt bâti son royaume au lieu de conquérir d'autres territoires comme l'a fait son père. Il construisit de nombreux "vat" (temples) et des écoles jusqu'à sa mort en 1421.
Le morcellement du royaume et la guerre contre le Siam
Après la mort de Samsenthai, le royaume connut le chaos. Douze rois vont se succéder pendant ce siècle. En 1548, Setthatirat monta sur le trône et transféra la capitale de Luang Prabang à Vieng Chan (Vientiane) en 1563 en raison de la proximité de l'armée birmane. La construction du Vat That Luang et de plusieurs autres monuments s'est déroulée pendant son règne. Il disparut en 1571, laissant le pays à nouveau dans le chaos. La prospérité revint en 1637 au Laos alors que Souligna Vongsa devint roi. Les cinquante-sept années de règne de Vongsa sont considérées comme l'âge d'or du Laos.
Souligna Vongsa ne laissa pas d'héritier au trône à sa mort en 1694. De violents affrontements eurent lieu parmi les prétendants au trône. Ceux-ci marquèrent la fin de l'unité lao. En 1700, le royaume de Lane Xang éclata et se divisa en trois royaumes : Vientiane, gouverné par le neveu de Souligna Vongsa, Luang Prabang, dirigé par l'un de ses petits-fils et le nouveau royaume de Champasak au sud.
En 1753, les Birmans du roi Alompra prirent et pillèrent Luang Prabang, puis retournèrent dans leur royaume. Quelques années plus tard, Vieng Chan sollicita la protection des Siamois. Peu de temps après, les Siamois prirent d'assaut l'ancienne capitale du Lane Xang et dérobèrent le Bouddha d'Émeraude, considérant qu'il s'agissait d'un bien siamois étant donné sa provenance. L'administration de Vientiane fut confiée à Bangkok. Les royaumes de Champasak et de Luang Prabang furent vite vaincus et l'ancien Lane Xang passa au contrôle des Siamois. C'est depuis cette époque que les deux provinces de Ubon Rachatanu et de Udon Thani font partie de la Thaïlande. Cependant, on y parle encore le lao.
À la différence des guerres européennes, le vainqueur d'une guerre amenait la population du pays vaincu dans son royaume, privant donc ce pays de ses habitants.
Le roi Chao Anou obtint le pouvoir en 1805. Ce souverain n'était pas ami avec les Siamaois. À la mort du roi siamois Rama II, il organisa une rébellion : il leva une armée qu'il conduisit à Bangkok en demandant le soutien des Vietnamiens. Mais à Korat, au nord-est de la Thaïlande, on lui bloqua le chemin. Vientiane fut saccagée, mais le Vat Sisakhet fut préservé. Plus de 6000 familles s'exilèrent à ce moment.
Pendant le demi-siècle suivant, le Laos se désintégra. La province désertée de Vientiane resta sous contrôle thaï. Luang Prabang devint un véritable état vassal du royaume de Siam.
Au même moment, le royaume de Xieng Khouang fut envahi par les Chinois. Les Thaïs expédièrent un corps d'armée à Luang Prabang pour prévenir un éventuel élan d'expansion chinois. L'ancien Lane Xang devint la proie des états voisins.
La période coloniale française
La France, établie depuis 1860 en Cochinchine, commença à s'intéresser à la vallée du Mékong. Plusieurs explorateurs remontèrent le Mékong jusqu'à Luang Prabang. La présence française dans cette partie de l'Asie commençait à prendre forme. Le royaume de Hué (au Vietnam) se mit sous le protectorat français en 1882-1883. Les autorités françaises firent installer un vice-consulat français à Luang Prabang. Les Siam, sous pression, durent accepter cette installation.
Un protectorat français est entré en vigueur sur l'ensemble du territoire lao le 3 octobre 1893. La France, la Chine et la Birmanie déterminèrent ensemble le tracé des frontières. La France allait avoir les pleins pouvoirs sur l'Indochine pour les cinquante années suivantes. Seul le royaume de Luang Prabang subsistait toujours, mais il était très affaibli. Les anciens royaumes de Vientiane, Xieng Khouang et Champasak avaient définitivement disparu, mais ils étaient libérés. Des gouvernements, sans aucune liaison entre eux, exerçaient une certaine autorité. Par manque de connaissance, le gouvernement français les considérait comme des provinces. Il est probable que la France ne savait pas quoi faire du Laos. Les réalités du pays ne permettaient pas de produire autant qu'au Vietnam. Le Laos servait plutôt de poste pour surveiller la Birmanie, sous influence anglaise.
La Seconde Guerre mondiale et l'indépendance Le Japon, allié de l'Allemagne, envahit le Laos en 1941 alors que la Deuxième Guerre mondiale avait lieu en Europe. Le peuple lao fut débarrassé des Japonais en 1945. Cette année-là, les Lao s'aperçurent qu'ils avaient droit à l'indépendance. Phetsarat, premier ministre et vice-roi, créa le mouvement Lao Issara (signifiant "Laos libre" en français) afin de s'assurer que le Laos ne retomberait pas sous domination française.
Phetsarat déclara l'indépendance du Laos le 1er septembre 1945. Cependant, la France refusa de reconnaître ce nouvel État. L'armée Issara fut battue par des Français et des Lao en 1946 à Vientiane. Après la Deuxième Guerre mondiale, la France accepta l'autonomie du Laos. Elle invita le parti Issara à prendre part à des négociations. Par contre, le parti se divisa en 3 factions. Une, dirigée par Phetsarat, exigeait l'indépendance immédiate sans aucune négociation. La deuxième, menée par le prince Souvanna Phouma, demi-frère de Phetsarat, acceptait de négocier pour faire quelques compromis. La dernière, commandée par le prince Souphanouvong, demi-frère de Phetsarat, s'unit avec le Viêt-minh pour former l'armée du Lao Issara. La convention franco-lao de 1949 reconnut le Laos comme "État associé indépendant" faisant partie de l'Union française. Quatre ans plus tard, en octobre 1953, l'entière souveraineté du Laos fut reconnue par le Traité franco-laotien.
La montée du Pathet Lao En 1948, le prince Souphanouvong se rendit à Hanoi pour obtenir le soutien du Viêt-minh afin de créer un mouvement communiste lao. Pendant ce temps, le jeune Kaysone Phomvihane s'efforçait de rallier les minorités ethniques à la cause du Parti communiste d'Indochine. Le Pathet Lao, dont l'objectif était d'être la voix de "toutes les couches sociales, tous les groupes ethniques et toutes les régions, occupées aussi bien que libérées", fut créé au Vietnam par le prince Souphanouvong, surnommé le Prince Rouge, le 13 août 1950. Souphanouvong installa son quartier général en 1950 dans la province de Sam Neua (au nord du Laos). Le régime colonial français s'affaiblissait et le Pathet Lao commençait à constituer une menace pour la France et pour le gouvernement lao en place. La France décida d'entreprendre des actions concrètes afin de lutter contre l'avancée des troupes communistes. Sans surprise, les soldats français subirent un humiliant échec militaire. Avec les accords de Genève et après une autre défaite française au Vietnam, le gouvernement d'Ho Chi Minh prit le contrôle de tous les territoires au nord du 17e parallèle voisin du Vietnam. Ces accords statuaient que le Laos était libre et neutre, mais voyant la France se retirer, les États-Unis décidèrent d'agir pour assumer la relève à la lutte contre le communisme. Washington mit sur pied une armée royaliste de 50 000 soldats et la posta dans le nord du Laos. De l'assistance militaire, des troupes clandestines et la CIA vinrent s'ajouter à la vie politique lao. Le Laos, déchiré par les événements, fut dirigé par une monarchie constitutionnelle de type européen. À sa tête, on retrouvait Souvanna Phouma. Au cours de 1955, le Parti populaire lao (PPL) se forma à Sam Neua, au Nord du Laos. En 1956, il lança le Front patriotique lao (FPL, Neo Lao Hak Sat en lao ou NLHS). Le PPL faisait à ce moment partie du Front unifié indochinois. De nouvelles élections eurent lieu en mai 1958 et le Pathet Lao remporta 13 sièges sur 21. Cependant, la droite arrêta les ministres et les députés du FPL. Le comité pour la défense des intérêts nationaux (CDIN) domina le gouvernement de Vientiane suite à l'effondrement du gouvernement d'union nationale. Souphanouvong, accompagné de ses collègues du FPL, s'évada dans les campagnes et organisa à nouveau la résistance. Les États-Unis, qui avaient cessé toute aide après les élections de mai 1958, rétablirent l'aide économique pour contrecarrer la présence nord-vietnamienne. Les forces du PL, leurs conseillers militaires nord-vietnamiens et les forces du gouvernement royal s'affrontèrent au cours de l'été 1959 sur la plaine des Jarres. Pour entraîner les troupes gouvernementales, les États-Unis envoyèrent au Laos des forces spéciales.
Les coups d'État Profitant de l'absence du gouvernement royal, Kong Le prit Vientiane en 1960. Le général de droite Phoumi Novason, après avoir rapatrié ses troupes dans le sud du pays, attaqua Vientiane en décembre équipé d'armes américaines. Il prit ensuite le pouvoir lors d'une élection truquée par la CIA, puis se rendit à Xieng Khouang et rejoignit les forces du PL et les forces nord-vietnamiennes. L'armement fut procuré par l'URSS à cette coalition qui contrôlait la grande majorité du territoire nord et est du pays. John F. Kennedy, président des États-Unis, annonça une intervention militaire américaine dans le but d'empêcher les communistes de prendre le pouvoir. Cette annonce laissait entendre un possible affrontement entre les deux super puissances. Afin d'apaiser la situation, on organisa une conférence à Genève rassemblant 14 pays en mai 1961. Après de très longues négociations, on conclut plus d'un an plus tard une série d'accords assurant l'indépendance et la neutralité du Laos. Le mois suivant, un deuxième gouvernement d'union nationale fut formé. Les États-Unis rapatrièrent toutes leurs troupes, tandis que les Nord-Vietnamiens maintinrent leurs soldats sur place, violant les accords de Genève. Le Pathet Lao bouleversa gravement l'équilibre du nouveau gouvernement en attaquant le quartier général des neutralistes à Xieng Khouang, forçant inévitablement Kong Le à s'allier à la droite. Des coups d'État se succédèrent rapidement et entraînèrent une division nette entre le PL d'un côté et les neutralistes et les factions de droite de l'autre.
La guerre de résistance Entre 1964 et 1973, la guerre d'Indochine s'intensifia. Des bases américaines furent installées en Thaïlande. Les avions américains qui se rendaient au Vietnam survolaient le nord et le nord-est du Laos. Pour se conformer aux ordres, qui consistaient à larguer toutes les bombes avant le retour à la base, les B-52 vidaient leurs chargements à l'est du Laos à leur retour du Vietnam. Des bastions du PL et de l'armée nord-vietnamienne étant bombardés, le PL installa son quartier général dans des grottes de Sam Neua. Les Américains constituèrent une unité spéciale entraînée par la CIA pour contrecarrer l'influence grandissante du PL. Cette unité était principalement composée de Hmong, une tribu du Laos. Commandés par un général hmong de l'armée royale lao, ils recevaient leur solde des États-Unis. La Chine envoya en 1971 une force de défense aérienne de 6000 à 7000 hommes et les stationna au nord du Laos, dans les provinces de Luang Nam Tha, Oudomxai et Phongsali. Lorsque les conditions météorologiques le permettaient, les bombardiers américains quittaient les bases en Thaïlande vers Hanoi en larguant plusieurs tonnes d'explosifs au-dessus du Laos, parfois sans que les habitants ne sachent ce qui leur arrivait. En 1973, quand les bombardements cessèrent, les États-Unis avaient déversé environ 3 millions de tonnes d'explosifs sur le territoire lao. On trouve un peu de positif partout, la preuve : le ramassage et la vente des débris métalliques permirent à certaines minorités ethniques de participer à une industrie très prospère et lucrative. On les utilisa aussi comme matériaux pour les maisons, pour les fermes, pour les temples et même pour confectionner des bijoux pour les femmes.
 En mars 1973, Washington et Hanoi signent à Paris un cessez-le-feu, ce qui met un terme au conflit lao. À ce moment, le pays se trouvait comme en 1954 : divisé en zones pro-PL et anti-PL. Cependant, les communistes contrôlaient 11 des 13 provinces. Les États-Unis décidèrent de se retirer du Laos. Leur dernier appareil survola le Mékong à destination de la Thaïlande au cours du mois de juin 1974. Les troupes étrangères sont invitées à quitter le pays par elles-mêmes le plus tôt possible. Plusieurs prévoyant la prise au pouvoir des communistes, des dizaines de milliers de personnes, parmi lesquels on retrouvait des membres du gouvernement, des médecins, des fonctionnaires et des intellectuels, migrèrent vers la Thaïlande. Les plus riches, eux, purent émigrer vers le Canada, les États-Unis, l'Australie ou la France. La grande majorité se trouvait dans des camps de réfugiés. Malheureusement, cette désertion, qui eut un impact important sur la population, a entraîné un manque cruel de personnes qualifiées, nuisant au développement du pays. Le 23 août 1975, Vientiane était libérée et le gouvernement dirigé par Souvanna Phouma une fois encore dissout.
 La République démocratique populaire lao (RDP Lao) fut proclamée en 1975. Le Parti révolutionnaire populaire lao (PRPL), lui, fut proclamé parti unique de la RDP Lao. La prise du pouvoir des communistes s'effectua sans aucun combat. Le premier Président du pays fut le prince Souphanouvong. Kaysone Phomvihane, qui avait participé à organiser le mouvement de résistance Lao Issara, occupa le poste de Premier ministre jusqu'à sa mort en novembre 1992. Cet homme en est un de grande importance au Laos : probablement le leader communiste le plus pragmatique, il parlait couramment lao, vietnamien, thaï, shan, français et anglais et il savait apprendre de ses erreurs. Les communistes commencèrent par interdire tous types de comportements et d'attitudes allant à l'encontre des valeurs, des critères et des consignes du PRPL. Au cours de ses premières années au pouvoir, la RDP Lao instaura un régime politique et économique qui fit fuir des milliers de Lao. La pratique du bouddhisme subit de sévères restrictions. Même après la fin de la guerre en 1975, les combats se poursuivirent à l'intérieur du pays : des campagnes militaires contre ses propres citoyens, des bombardements du plateau de Phu Bia, occupé par les Hmong et des tirs de l'artillerie soviétique au napalm ou aux armes chimiques (comme le trichothécène, communément appelé "agent orange"). Il est estimé qu'environ 10 % des Hmong sont morts au cours de la guerre. D'autres ont quitté le Laos pour se réfugier en Thaïlande. Des rumeurs circulant à propos d'un coup d'État fomenté par des proches de la famille royale incitèrent le Pathet Lao à les interner dans la province de Sam Neua, dans le nord du Laos. Ils ne revinrent pas vivants de cet exil. C'est finalement en 1984 que Kaysone Phomvihane admit la disparation du roi et de la reine par malaria et mort naturelle. Cependant, il ne précisa en aucun cas le destin de leurs fils, Vongsavang. Au milieu de 1979, la répression cause une grande instabilité dans la classe paysanne, sur laquelle se fondait traditionnellement le communisme. Encore à ce moment, d'autres Lao quittèrent le pays et allèrent s'établir majoritairement en Thaïlande dans des camps de réfugiés. Par contre, le gouvernement thaïlandais décréta que tous les Lao vivant sur son sol devraient retourner au Laos ou partir vers un pays tiers avant le 1er janvier 1995.
 Une simple coupe de cheveux, une manière de danser ou quoique ce soit ne plaisant pas aux communistes pouvait vous valoir un internement dans un camp de rééducation. Ainsi, près de 40 000 personnes furent internées dans ces camps, que l'on appelait "sammanaa" en lao (de l'anglais seminar). Après la prise du pouvoir du PL, on en jeta 30 000 autres en prison. La durée de l'internement dépendait de la position occupée dans la hiérarchie de l'ancien régime. Plus le rang était élevé, plus la détention était longue. Les autorités affirment avoir fermé la majorité des camps depuis 1989 et relâché pratiquement tous les prisonniers. Au cours des années 1980, ce sont les politiques soviétiques qui influencèrent la RDP Lao. Depuis ce temps, d'incessantes luttes entre les anciens du parti, les plus jeunes et les non-membres, partisans d'une libéralisation, ont lieu. La façon de gouverner des Lao ressemble en quelques points à celle des Vietnamiens, car une grande majorité des hommes politiques et conservateurs purs et durs ont été formés à Hanoi, au Vietnam.
Au cours de ces années, le gouvernement lao interdit pratiquement toute relation avec la Thaïlande. Depuis la fin des années 1980, le Laos et son voisin thaïlandais ont décidé de renouer des liens. La majorité du portefeuille détenu par des étrangers au Laos appartient à des Thaïlandais. Certains craignent que le Laos devienne une "province économique" de la Thaïlande, alors que d'autres préfèrent subir la puissance économique thaïlandaise plutôt que de subir la domination politique vietnamienne.
 Le Laos connaît ces années-ci une situation que l'on pourrait qualifier de « stable ». Par contre, certains événements dérangeant cette certaine « stabilité » ont eu lieu : le 26 octobre 1999, le Mouvement laotien étudiant pour la démocratie organisa une manifestation devant le palais présidentiel de Vientiane. À peine avaient-ils levé leurs pancartes qu'ils furent cernés par la police, pour être par la suite dispersés ou arrêtés. Cinq des organisateurs sont toujours détenus. En juillet 2000, 60 rebelles armés débarquèrent au poste frontière de police à Ban Wang Tao et prirent 15 otages. Cinq rebelles perdirent la vie et 27 personnes durent fuir en Thaïlande. Au cours de cette même année, 15 attentats à la bombe sans gravité ou tentatives d'attentats eurent lieu à Vientiane, Savannakhet et Pakse. Provoquées par des grenades à main ou de petits explosifs de fabrication artisanale, ces explosions seraient l'oeuvre du groupe Gouvernement clandestin en exil. Ces jours-ci, le Laos s'ouvre de plus en plus sur le monde. La situation est en progrès constant. Le gouvernement voit toutes les possibilités qui s'offrent à lui : exploitation forestière, hydroélectrique et minière, exportation, coopération, etc. L'influence vietnamienne demeure très forte sur la politique lao en raison des liens qui unissent les hommes politiques lao à leurs mentors idéologiques du Vietnam.
Fiche technique : Situation géographique : Histoire : Politique et économie : Religion : Population et mode de vie : Arts et culture : Cuisine : Jeux, loisirs et sports
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